John Gottman a identifié 4 comportements prédicteurs de rupture :
- La critique : attaquer le caractère de l'autre plutôt que le comportement. "Tu es égoïste" vs "Je me suis senti oublié"
- Le mépris : sarcasme, yeux levés au ciel, insultes. Le prédicteur #1 de divorce
- La défensivité : se victimiser, contre-attaquer, refuser de prendre sa part de responsabilité
- Le stonewalling (mur) : se fermer, se retirer de la conversation, traitement silencieux
Reconnaître ces patterns chez soi est la première étape pour les changer.
Une structure pour exprimer ses besoins sans agresser :
- Observation : décrire les faits sans jugement. "Quand tu rentres après 21h sans prévenir..."
- Sentiment : exprimer ce que ça vous fait. "Je me sens inquiet(e) et négligé(e)..."
- Besoin : identifier le besoin non satisfait. "J'ai besoin de me sentir considéré(e)..."
- Demande : formuler une demande concrète et positive. "Peux-tu m'envoyer un message si tu rentres tard ?"
Cette formule évite les accusations et ouvre le dialogue.
Écouter vraiment, pas juste attendre son tour de parler :
- Présence totale : téléphone rangé, regard présent, corps tourné vers l'autre
- Reformulation : "Si je comprends bien, tu te sens... parce que..." Valide qu'on a compris
- Validation émotionnelle : "Je comprends que ça t'ait blessé(e)" même si on n'est pas d'accord
- Poser des questions : "Peux-tu m'en dire plus ?" plutôt que sauter aux conclusions
- Éviter les solutions immédiates : parfois l'autre veut être entendu, pas conseillé
Le conflit n'est pas le problème – sa gestion l'est :
- Démarrage doux : commencer sans attaque. Le ton des 3 premières minutes prédit l'issue
- Time-out : si l'un est submergé, pause de 20 min minimum (respiration, calme). Reprendre ensuite
- Responsabilité partagée : reconnaître sa part, même petite. "J'aurais pu réagir différemment"
- Réparation : s'excuser sincèrement quand on a dérapé. L'humour peut désamorcer si approprié
- Compromis : chercher le milieu, pas "gagner". En couple, si l'un gagne et l'autre perd, les deux perdent
Prévenir vaut mieux que guérir :
- Check-in quotidien : 15 min par jour de vraie conversation, sans écran, sans enfants
- Date régulier : sortie en couple hebdomadaire ou bimensuelle. Planifier sinon ça n'arrive pas
- Ratio 5:1 : pour chaque interaction négative, il faut 5 positives pour équilibrer
- Gratitude exprimée : "Merci d'avoir fait X, j'apprécie" quotidiennement
- Bid for connection : répondre aux petites tentatives de connexion de l'autre (regard, commentaire)
Les couples heureux ne sont pas sans conflit – ils ont des rituels de réparation et de connexion.
Questions Frequentes
Et si mon partenaire ne veut pas changer sa façon de communiquer ?
Vous ne pouvez changer que vous-même. Mais en changeant votre façon de communiquer, vous changez la dynamique. Souvent, l'autre suit progressivement. Si rien ne change malgré vos efforts, une thérapie de couple peut aider. Parfois, un tiers neutre est nécessaire.
Ces techniques marchent-elles vraiment sous le coup de l'émotion ?
Pas naturellement – ça demande de l'entraînement. En situation calme d'abord, puis progressivement dans des moments tendus. Si l'émotion est trop forte, le time-out est la meilleure option. Revenir quand le cerveau émotionnel s'est calmé.
Comment gérer les sujets qui reviennent sans cesse ?
Gottman parle de 'problèmes perpétuels' : 69% des conflits de couple ne sont jamais résolus. L'objectif n'est pas de les résoudre mais de dialoguer sans se blesser. Comprendre la position de l'autre, accepter les différences, trouver des compromis vivables.
Quand faut-il consulter un thérapeute de couple ?
Dès que vous le souhaitez – pas besoin d'attendre la crise. En moyenne, les couples attendent 6 ans avant de consulter. C'est souvent trop tard. Si les patterns toxiques sont installés, si vous ne pouvez plus communiquer sans conflit, si vous envisagez la séparation : consultez.
La CNV n'est-elle pas artificielle ?
Au début, oui. Comme toute nouvelle compétence, c'est maladroit. Avec la pratique, ça devient naturel. Et même un effort 'artificiel' de bien communiquer vaut mieux qu'une expression 'spontanée' blessante. L'intention compte.